26/12/2010

3) Des Cyclades, de l’âme et de l’écorce des choses

 

 

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Ceci est écrit pour ceux qui dépassent l’écorce des choses. Vous croyez être venu sur ce blog par hasard. Ou par votre choix. Mais c’est moi qui vous ai choisi. J’ai reconnu en vous l’ami capable de comprendre son langage au-delà de l’écorce des mots. Ce blog a une âme, l’âme de celui qui l’a écrit et l’âme de chacun d’entre vous qui l’a lu, a vécu et a rêvé avec lui. Cela vous étonne ? Pourtant même les pierres ont une âme.

 

Il y a encore trois Temples où on me donne à boire et à manger, où on m’offre de l’encens. Le premier et le plus ancien se trouve à ciel ouvert sur une toute petite île en Grèce dans les Cyclades. L’île est protégée par un charme puissant.

 

 

 

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Par temps calme il y a des milliers de voyageurs qui passent à coté de l’île. Elle est située près de celle d’Amorgos. Elle n’apparaît pas à leurs yeux, car ils n’ont pas appris à aller au-delà de l’écorce des choses. Elle leur est invisible comme elle est invisible aux nombreux satellites qui gravitent autour de la terre. Elle est tellement petite qu’on dirait une grosse pierre jetée dans la mer. Pourtant même les pierres ont une âme.

 

Sur cette île se trouve le Temple. Mais je devrais plutôt parler de ruine de Temple et cela me désole. La seule différence d’avec les vestiges de l’île de Délos, c’est que sur mon île on me donne encore à boire et à manger, moi le modeste Iacchos. A Délos il y a longtemps que le grand Apollon est mort. Il n’y a plus que les pierres qui sont habitées par son âme.

 

 

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16:17 Écrit par Iacchos dans Deuxième quartier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : delos, cyclades, apollon, dionysos, ile, grece, iacchos, ame, ecorce | |

16/12/2010

2) Des abeilles, des dieux et des hommes

 

 

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J'ai survécu à la mort de la plupart des autres dieux grecs. Il y a encore trois Temples où on me donne à manger et où on m'offre de l'encens. Un en Grèce dans les Cyclades, un en Italie et un en Gaule à Lyon. Oui en France, excusez-moi. Vous ne m'en voudrez pas si je ne suis pas plus précis quand à leur localisation... Et dans le haut nord on me nourrit aussi, en deux lieux dans ce pays improbable qui s'appelle la Belgique... Voilà pourquoi j'ai survécu à la mort de la plupart des autres dieux grecs.

 

Je n’ai jamais très bien compris pourquoi les chrétiens nous ont persécutés. Peut-être était-ce à cause de notre prétention ? Car on n’est que des créatures de l’Ineffable, comme les humains, les anges, les elfes, les fées, les esprits des forêts et des sources, et les autres êtres visibles et invisibles qui peuplent la terre et l’univers. J’aime comment le peuple juif évoque l’Ineffable : « hachem », le nom, pour l’Ineffable dont nous ne pouvons justement prononcer aucun nom. Retenons ce mot. Hachem est au-delà de toute discussion, au-delà de tout discours, au-delà de toute scholastique ou de toute théologie. Nous ne sommes donc pas en concurrence avec Lui, pourquoi alors les chrétiens nous ont-ils persécutés ?

 

Vous tuez les abeilles. Mais sans les abeilles vous ne pourrez survivre vous les humains. Il y a actuellement un rapport d’amour-haine entre nous, les rares dieux grecs survivants, et vous les humains. Nous avons besoin de vous. Nous devons manger, boire et recevoir de l’encens pour que notre force vitale puisse survivre. Le jour où le dernier homme disparaîtra de la terre notre fin arrivera aussitôt. Nous devons donc vous protéger. Mais la soif insensée de pouvoir et la cupidité sans bornes de quelques-uns seulement d’entre vous suffisent pour ravager la terre et la nature. Car si vous avez avancé en technologie, votre sagesse n’a pas suivi. Quand vous aurez abattu le dernier arbre, mangé le dernier fruit, empoisonné la dernière rivière, mangé le dernier poisson, alors vous vous rendrez compte que votre maudit argent ne se mange pas. Dans le pays d’Egypte Pharaon était appelé « fils de l’abeille ». Vous tuez les abeilles. Et par cela nous sommes tous en train de mourir. Car nous sommes tous fils et filles de l’abeille.

 

Et moi qui aime courir les bois la nuit à la pleine lune, à me baigner nu au soleil dans les rivières avant de me faire sécher sur un doux tapis de mousse, je n’ai pas envie de mourir. Pas encore. 

 

 

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